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NEWS d'ailleurs - NPA

NPA


(10/07/2020 11h40)

Des caméras à l’intérieur du lycée Maurice Utrillo de Stains  Voir ?

Après la nomination d’un ancien gendarme comme proviseur adjoint chargé de la sécurité dans le lycée, le conseil d’administration à voté l’installation de caméras de vidéosurveillances.

Après une crise sanitaire d’ampleur ou il fallait absolument rouvrir les établissements scolaires pour ramener les décrocheurs à l’école, à Stains on met des caméras sans aucune concertation. La direction de l'établissement s’était engagée à organiser une consultation de l'ensemble des acteurs de la communauté éducative, des élèves et de leurs parents avant un potentiel vote au CA : cela n'a pas été fait.

Cette mise en place de vidéosurveillance est une dangereuse dérive sécuritaire dans les établissements scolaires. Les recherches sur le sujet prouvent que les caméras ne résolvent rien et nous réaffirmons que seul des moyens humains peuvent améliorer le climat scolaire. Les élèves, déjà fortement fragilisés par les effets de la crise sanitaire et du confinement, vont faire leur rentrée en septembre prochain dans des conditions extrêmement dégradées en raison d’une baisse importante des moyens horaires affectés au lycée Maurice Utrillo. Quel message envoyons-nous aux élèves et à leurs familles quand nous prenons le temps de débattre longuement de leur surveillance alors que nous ne savons même pas comment les accueillir dignement en septembre ?

Il y a une seule infirmière pour 1 200 élèves, une seule assistante sociale, deux psychologues de l’Éducation nationale (anciennement conseillères d’orientation) présentes par intermittence.

Tous les ans, nous demandons l’augmentation des effectifs socio-éducatifs. Tous les ans, le rectorat refuse. L’épidémie et le confinement ont accentué leur charge de travail : ces personnels doivent aider des élèves dans des situations économiques et psychologiques plus précaires que jamais. S’il restait des doutes sur la nécessité de mieux financer les établissements de Seine-Saint-Denis, ces trois derniers mois auraient dû les balayer. Pour autant, à l’horizon, aucune annonce du ministère de l’Éducation nationale.

Là où les élèves sont censés étudier, trouver refuge, se parler, « devenir citoyens », ils seront désormais sous surveillance. Investir dans des caméras en pensant supprimer la violence et la misère, c’est refuser d’investir ailleurs. C’est fermer les yeux sur l’abandon total d’un territoire par l’État.

Le message est clair, moins de moyens pour l’éducation, davantage pour la surveillance et la répression.

Correspondant.e.s 93

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Des caméras à l’intérieur du lycée Maurice Utrillo de Stains  Voir ?

Après la nomination d’un ancien gendarme comme proviseur adjoint chargé de la sécurité dans le lycée, le conseil d’administration à voté l’installation de caméras de vidéosurveillances.

Après une crise sanitaire d’ampleur ou il fallait absolument rouvrir les établissements scolaires pour ramener les décrocheurs à l’école, à Stains on met des caméras sans aucune concertation. La direction de l'établissement s’était engagée à organiser une consultation de l'ensemble des acteurs de la communauté éducative, des élèves et de leurs parents avant un potentiel vote au CA : cela n'a pas été fait.

Cette mise en place de vidéosurveillance est une dangereuse dérive sécuritaire dans les établissements scolaires. Les recherches sur le sujet prouvent que les caméras ne résolvent rien et nous réaffirmons que seul des moyens humains peuvent améliorer le climat scolaire. Les élèves, déjà fortement fragilisés par les effets de la crise sanitaire et du confinement, vont faire leur rentrée en septembre prochain dans des conditions extrêmement dégradées en raison d’une baisse importante des moyens horaires affectés au lycée Maurice Utrillo. Quel message envoyons-nous aux élèves et à leurs familles quand nous prenons le temps de débattre longuement de leur surveillance alors que nous ne savons même pas comment les accueillir dignement en septembre ?

Il y a une seule infirmière pour 1 200 élèves, une seule assistante sociale, deux psychologues de l’Éducation nationale (anciennement conseillères d’orientation) présentes par intermittence.

Tous les ans, nous demandons l’augmentation des effectifs socio-éducatifs. Tous les ans, le rectorat refuse. L’épidémie et le confinement ont accentué leur charge de travail : ces personnels doivent aider des élèves dans des situations économiques et psychologiques plus précaires que jamais. S’il restait des doutes sur la nécessité de mieux financer les établissements de Seine-Saint-Denis, ces trois derniers mois auraient dû les balayer. Pour autant, à l’horizon, aucune annonce du ministère de l’Éducation nationale.

Là où les élèves sont censés étudier, trouver refuge, se parler, « devenir citoyens », ils seront désormais sous surveillance. Investir dans des caméras en pensant supprimer la violence et la misère, c’est refuser d’investir ailleurs. C’est fermer les yeux sur l’abandon total d’un territoire par l’État.

Le message est clair, moins de moyens pour l’éducation, davantage pour la surveillance et la répression.

Correspondant.e.s 93

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(10/07/2020 10h46)

(10/07/2020 10h38)

Convention citoyenne pour le climat : « CertainEs ont pris une claque en découvrant la réalité de l’urgence climatique »  Voir ?

Entretien. Yolande Bouin est l’une des participantEs de la Convention citoyenne pour le climat. Elle parle en son nom propre car elle ne se sent pas toujours en accord avec la bonhomie ambiante de la plupart des 150 citoyenEs de la Convention. D’autres participantEs diraient autre chose, mais elle a conservé tout du long un regard circonspect.

Comment as-tu abordé ta participation à la Convention ?
Dès le début j’étais dubitative sur l’issue et la façon dont elle pourrait être utilisée à des fins électorales par Macron. J’ai accepté d’y participer parce que le climat et les gaz à effet de serre me préoccupent. Mais c’est aussi le processus démocratique qui m’a attirée. Je crois à l’intelligence collective et je suis convaincue que des citoyenEs informés sont capables de débattre de grands problèmes de société et de faire des propositions.

On était 150 de tous âges et toutes catégories sociales et professionnelles. CertainEs ont pris une claque en découvrant la réalité de l’urgence climatique. Très vite je me suis aperçue que ce n’était pas comme les « grands débats » de Macron. Le calendrier prévu (cinq week-ends sur cinq mois, devenus sept week-ends sur neuf mois à cause de l’actualité) et la somme d’informations laissaient voir que ce serait différent. Mais la plupart des gens ne sont pas habitués à prendre la parole en public en argumentant leurs propos. Plusieurs disent ne pas ou plus voter, mais étaient très contents d’être là « pour une fois qu’on me demande mon avis ». Beaucoup se disent « apolitiques ». Un mot qui prouve, hélas, que beaucoup confondent politique et partis. Être tiré au sort pour débattre d’un sujet de société et faire des propositions pour le bien commun, c’est bien « faire de la politique ». Plusieurs fois je me suis fait huer en hémicycle en disant ça, puis certainEs ont commencé à accepter l’idée. On nous a chanté les louanges de la démocratie délibérative, participative… mais selon moi, c’est ce que la gouvernance de la Convention aurait dû annoncer dès le début. On a manqué aussi de temps de débat entre nous, de polémique… Pour avancer, il ne faut pas avoir peur de débattre, de s’engueuler jusqu’à ce qu’on soit au clair. Et un week-end par mois, c’est trop peu, il faudrait être en immersion beaucoup plus longtemps.

Ceux qui pratiquent les réseaux sociaux communiquaient entre eux pendant les intersessions, mais la fracture numérique a privé certainEs de ces échanges. Il aurait été utile d’avoir un trombinoscope et les coordonnées des 150 pour éviter que se créent certains groupes de pression.

Après la visite d’Édouard Philippe et d’Élisabeth Borne, beaucoup ont demandé à rencontrer Macron pour entendre ses engagements. Ce n’était pas nécessaire, d’autant que son déplacement a demandé des moyens et un coût exorbitants.

Avons-nous été manipulés ? L’avenir nous le dira. Certaines des mesures que nous proposons sont très solides techniquement et juridiquement. Nous verrons ce qu’en feront le gouvernement et le Parlement. Globalement, les 150 préfèrent la négociation. Moi, et une poignée d’autres, sommes plutôt dans la revendication et j’essaie de rester vigilante à ne pas me laisser embobiner par les « sachants ». Nous n’avons pas vraiment pu choisir les intervenants. On a pu rencontrer qui on a bien voulu nous faire rencontrer. Rien de très étonnant puisque l’exécutif était le commanditaire !

Dans le groupe « Se nourrir », à quelques-unEs nous avons très rapidement visé la PAC, et proposé un moratoire sur le CETA. On nous a signifié que ça n’avait rien à voir avec notre mission. Mais on a tenu bon ! J’ai demandé ATTAC sur les accords de libre échange, ça n’a pas été possible. Pendant deux mois j’ai tenté d’obtenir un débat contradictoire entre la FNSEA et la Confédération Paysanne, sans succès. On a eu la FNSEA en plénière, mais la Conf paysanne seulement en speed dating (par petits groupes de 6/7 personnes pendant 15 minutes).

La plupart des 150 ne voient pas les lobbies alors qu’il n’y a que ça. Il faut se renseigner sur les intervenants pour rester vigilant et poser les bonnes questions. Dès la première session, on a écouté le PDG d’ADP nous vanter le trafic aérien vert, et Jean-Marc Jancovici le nucléaire comme la meilleure énergie « décarbonée ». Le nucléaire ! Un sujet tabou appelé « énergie propre » ! Et aussi les PDG ou responsables de la grande distribution.

Les 28 heures hebdo ont été repoussés par la Convention. Comment l’expliques-tu ?
Cette proposition de la semaine de 28 heures a été portée par quelques personnes du groupe « Produire / travailler ». Soumise au vote des 150, elle a reçu des réactions épidermiques et très négatives du type « les 35 heures ont mis la France à genoux »… Un argument complètement faux lancé à la va-vite ! Les porteurs de cette mesure n’ont pas eu assez de temps pour argumenter. La vision du bien commun et l’idée du partage du travail n’ont pas animé les discussions qui sont restées au niveau des clichés et des peurs individuelles : « Les gens vont en profiter pour consommer plus et prendre leur bagnole pour partir en week-end » ; « Les boîtes vont devoir licencier » ; « Ça ne fera pas baisser les émissions de gaz à effet de serre ». À mon grand regret, elle a été rejetée par 60 % des conventionnelEs, et Macron s’en est félicité : « Les gens veulent travailler ».

Pourtant les 28 heures sans baisse de salaire, c’était le moment ou jamais, et c’était bien l’unique mesure qui à elle seule portait un vrai projet de société et de justice sociale !

Macron a utilisé ses trois « jokers », il refuse le moratoire sur le CETA… Quelle est ta réaction ?
La modification de la Constitution ou le crime d’écocide, c’est louable, ça tenait au cœur de certainEs et je soutiens leur travail. Mais ce n’est pas ce qui m’importait le plus. Plein de grands principes louables sont bafoués tous les jours… à quoi bon en ajouter. Mon but était de travailler sur des mesures concrètes.
Pour la taxe de 4 % sur les dividendes, le signe envoyé par Macron a été clair : « Touchez pas à mes copains qui financeront ma campagne ». Rien de très surprenant !

Quant aux 110 km/h sur autoroute... au début j’étais contre. Je me disais qu’on allait se mettre tout le monde à dos. Mais j’ai compris ensuite leur importance pour diminuer la consommation et les gaz à effet de serre grâce à sept minutes de plus pour faire 100 km. Mais ça pose la question de la nationalisation et de la gratuité des autoroutes, car on n’accepte de payer que parce qu’on peut rouler plus vite.

Macron a utilisé ses jokers. Il a dit « Je vous suis » mais pas « Je m’engage à tout faire pour que telle et telle mesure soient appliquées ». On connaît ses effets d’annonce, il en a fait plusieurs et aucun acte n’a suivi. Lundi dernier [29 juin] il a annoncé 15 milliards d’ici deux ans pour la conversion écologique. Non seulement 15 milliards c’est une somme ridicule, mais l’échéance 2022 correspond à la présidentielle. Il trouvera, parmi toutes nos propositions, une mesurette ou deux qui ne mangent pas de pain. Et hop ! Il se verdira le blason en y ajoutant même quelques touches de démocratie, puisqu’il vient de déclarer le CESE [Conseil économique, social et environnemental] « troisième chambre chargée des conventions citoyennes ».

En conclusion ?
Je peux dire que les 150 citoyenEs sont fiers du travail accompli et contents d’avoir été reçus à l’Élysée. Mais la dure réalité de la politique a repris la main. Dès le lendemain de l’engagement de Macron devant les 150, le gouvernement a annoncé à l’Assemblée nationale le lancement des enchères sur la 5G, alors que la Convention réclame un moratoire.

Maintenant, notre préoccupation est de trouver les moyens de défendre toutes ces mesures. Quelques parlementaires soutiennent le travail de la Convention, mais le plus grand soutien sera celui de la société civile. CertainEs des 150 ont ouvert les yeux mais ne vont pas devenir militantEs pour autant. Il est aussi important de rester humbles et conscients qu’on n’a rien inventé. La plupart de ces propositions existaient déjà avant la Convention citoyenne, portées par des militantEs, des associations, des ONG. Je pense que nous n’avons pas eu assez de considération pour ce travail militant mené depuis tant d’années.

Pour certainEs il y a le risque d’être dans la reconnaissance personnelle. Attention, ça peut monter à la tête de faire des selfies avec des personnalités qui incarnent le pouvoir, et après avoir été approchées par les médias, quelques personnes se sont un peu laissées cueillir par les beaux discours de la Macronie ou par ceux d’autres partis politiques.

Propos recueillis par Christine Poupin

Yolande Bouin

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Convention citoyenne pour le climat : « CertainEs ont pris une claque en découvrant la réalité de l’urgence climatique »  Voir ?

Entretien. Yolande Bouin est l’une des participantEs de la Convention citoyenne pour le climat. Elle parle en son nom propre car elle ne se sent pas toujours en accord avec la bonhomie ambiante de la plupart des 150 citoyenEs de la Convention. D’autres participantEs diraient autre chose, mais elle a conservé tout du long un regard circonspect.

Comment as-tu abordé ta participation à la Convention ?
Dès le début j’étais dubitative sur l’issue et la façon dont elle pourrait être utilisée à des fins électorales par Macron. J’ai accepté d’y participer parce que le climat et les gaz à effet de serre me préoccupent. Mais c’est aussi le processus démocratique qui m’a attirée. Je crois à l’intelligence collective et je suis convaincue que des citoyenEs informés sont capables de débattre de grands problèmes de société et de faire des propositions.

On était 150 de tous âges et toutes catégories sociales et professionnelles. CertainEs ont pris une claque en découvrant la réalité de l’urgence climatique. Très vite je me suis aperçue que ce n’était pas comme les « grands débats » de Macron. Le calendrier prévu (cinq week-ends sur cinq mois, devenus sept week-ends sur neuf mois à cause de l’actualité) et la somme d’informations laissaient voir que ce serait différent. Mais la plupart des gens ne sont pas habitués à prendre la parole en public en argumentant leurs propos. Plusieurs disent ne pas ou plus voter, mais étaient très contents d’être là « pour une fois qu’on me demande mon avis ». Beaucoup se disent « apolitiques ». Un mot qui prouve, hélas, que beaucoup confondent politique et partis. Être tiré au sort pour débattre d’un sujet de société et faire des propositions pour le bien commun, c’est bien « faire de la politique ». Plusieurs fois je me suis fait huer en hémicycle en disant ça, puis certainEs ont commencé à accepter l’idée. On nous a chanté les louanges de la démocratie délibérative, participative… mais selon moi, c’est ce que la gouvernance de la Convention aurait dû annoncer dès le début. On a manqué aussi de temps de débat entre nous, de polémique… Pour avancer, il ne faut pas avoir peur de débattre, de s’engueuler jusqu’à ce qu’on soit au clair. Et un week-end par mois, c’est trop peu, il faudrait être en immersion beaucoup plus longtemps.

Ceux qui pratiquent les réseaux sociaux communiquaient entre eux pendant les intersessions, mais la fracture numérique a privé certainEs de ces échanges. Il aurait été utile d’avoir un trombinoscope et les coordonnées des 150 pour éviter que se créent certains groupes de pression.

Après la visite d’Édouard Philippe et d’Élisabeth Borne, beaucoup ont demandé à rencontrer Macron pour entendre ses engagements. Ce n’était pas nécessaire, d’autant que son déplacement a demandé des moyens et un coût exorbitants.

Avons-nous été manipulés ? L’avenir nous le dira. Certaines des mesures que nous proposons sont très solides techniquement et juridiquement. Nous verrons ce qu’en feront le gouvernement et le Parlement. Globalement, les 150 préfèrent la négociation. Moi, et une poignée d’autres, sommes plutôt dans la revendication et j’essaie de rester vigilante à ne pas me laisser embobiner par les « sachants ». Nous n’avons pas vraiment pu choisir les intervenants. On a pu rencontrer qui on a bien voulu nous faire rencontrer. Rien de très étonnant puisque l’exécutif était le commanditaire !

Dans le groupe « Se nourrir », à quelques-unEs nous avons très rapidement visé la PAC, et proposé un moratoire sur le CETA. On nous a signifié que ça n’avait rien à voir avec notre mission. Mais on a tenu bon ! J’ai demandé ATTAC sur les accords de libre échange, ça n’a pas été possible. Pendant deux mois j’ai tenté d’obtenir un débat contradictoire entre la FNSEA et la Confédération Paysanne, sans succès. On a eu la FNSEA en plénière, mais la Conf paysanne seulement en speed dating (par petits groupes de 6/7 personnes pendant 15 minutes).

La plupart des 150 ne voient pas les lobbies alors qu’il n’y a que ça. Il faut se renseigner sur les intervenants pour rester vigilant et poser les bonnes questions. Dès la première session, on a écouté le PDG d’ADP nous vanter le trafic aérien vert, et Jean-Marc Jancovici le nucléaire comme la meilleure énergie « décarbonée ». Le nucléaire ! Un sujet tabou appelé « énergie propre » ! Et aussi les PDG ou responsables de la grande distribution.

Les 28 heures hebdo ont été repoussés par la Convention. Comment l’expliques-tu ?
Cette proposition de la semaine de 28 heures a été portée par quelques personnes du groupe « Produire / travailler ». Soumise au vote des 150, elle a reçu des réactions épidermiques et très négatives du type « les 35 heures ont mis la France à genoux »… Un argument complètement faux lancé à la va-vite ! Les porteurs de cette mesure n’ont pas eu assez de temps pour argumenter. La vision du bien commun et l’idée du partage du travail n’ont pas animé les discussions qui sont restées au niveau des clichés et des peurs individuelles : « Les gens vont en profiter pour consommer plus et prendre leur bagnole pour partir en week-end » ; « Les boîtes vont devoir licencier » ; « Ça ne fera pas baisser les émissions de gaz à effet de serre ». À mon grand regret, elle a été rejetée par 60 % des conventionnelEs, et Macron s’en est félicité : « Les gens veulent travailler ».

Pourtant les 28 heures sans baisse de salaire, c’était le moment ou jamais, et c’était bien l’unique mesure qui à elle seule portait un vrai projet de société et de justice sociale !

Macron a utilisé ses trois « jokers », il refuse le moratoire sur le CETA… Quelle est ta réaction ?
La modification de la Constitution ou le crime d’écocide, c’est louable, ça tenait au cœur de certainEs et je soutiens leur travail. Mais ce n’est pas ce qui m’importait le plus. Plein de grands principes louables sont bafoués tous les jours… à quoi bon en ajouter. Mon but était de travailler sur des mesures concrètes.
Pour la taxe de 4 % sur les dividendes, le signe envoyé par Macron a été clair : « Touchez pas à mes copains qui financeront ma campagne ». Rien de très surprenant !

Quant aux 110 km/h sur autoroute... au début j’étais contre. Je me disais qu’on allait se mettre tout le monde à dos. Mais j’ai compris ensuite leur importance pour diminuer la consommation et les gaz à effet de serre grâce à sept minutes de plus pour faire 100 km. Mais ça pose la question de la nationalisation et de la gratuité des autoroutes, car on n’accepte de payer que parce qu’on peut rouler plus vite.

Macron a utilisé ses jokers. Il a dit « Je vous suis » mais pas « Je m’engage à tout faire pour que telle et telle mesure soient appliquées ». On connaît ses effets d’annonce, il en a fait plusieurs et aucun acte n’a suivi. Lundi dernier [29 juin] il a annoncé 15 milliards d’ici deux ans pour la conversion écologique. Non seulement 15 milliards c’est une somme ridicule, mais l’échéance 2022 correspond à la présidentielle. Il trouvera, parmi toutes nos propositions, une mesurette ou deux qui ne mangent pas de pain. Et hop ! Il se verdira le blason en y ajoutant même quelques touches de démocratie, puisqu’il vient de déclarer le CESE [Conseil économique, social et environnemental] « troisième chambre chargée des conventions citoyennes ».

En conclusion ?
Je peux dire que les 150 citoyenEs sont fiers du travail accompli et contents d’avoir été reçus à l’Élysée. Mais la dure réalité de la politique a repris la main. Dès le lendemain de l’engagement de Macron devant les 150, le gouvernement a annoncé à l’Assemblée nationale le lancement des enchères sur la 5G, alors que la Convention réclame un moratoire.

Maintenant, notre préoccupation est de trouver les moyens de défendre toutes ces mesures. Quelques parlementaires soutiennent le travail de la Convention, mais le plus grand soutien sera celui de la société civile. CertainEs des 150 ont ouvert les yeux mais ne vont pas devenir militantEs pour autant. Il est aussi important de rester humbles et conscients qu’on n’a rien inventé. La plupart de ces propositions existaient déjà avant la Convention citoyenne, portées par des militantEs, des associations, des ONG. Je pense que nous n’avons pas eu assez de considération pour ce travail militant mené depuis tant d’années.

Pour certainEs il y a le risque d’être dans la reconnaissance personnelle. Attention, ça peut monter à la tête de faire des selfies avec des personnalités qui incarnent le pouvoir, et après avoir été approchées par les médias, quelques personnes se sont un peu laissées cueillir par les beaux discours de la Macronie ou par ceux d’autres partis politiques.

Propos recueillis par Christine Poupin

Yolande Bouin

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(10/07/2020 08h30)

Retour historique vers le futur  Voir ?

L’université d’été du NPA aura lieu du dimanche 23 au mercredi 26 août à Port-Leucate. Après un premier coup d’œil sur le programme et nos invitéEs la semaine dernière, attardons-nous sur les formations et débats au menu de cette année.

Pilier du programme, la commission nationale formation du NPA est toujours présente pour accompagner les anniversaires du mouvement ouvrier et révolutionnaire et autres retours historiques en rapport avec l’actualité.

Ce n’était qu’un début

Cette année, le centième anniversaire du congrès de Tours, la fracture au sein de la social-démocratie française qui a donné naissance ensuite au futur Parti communiste, donnera lieu à quatre séances abordant notamment les questions de front unique et de front populaire, ainsi que les positionnements et pratiques du PCF par rapport à la décolonisation ou au patriarcat.

Cette année d’anniversaire marquera aussi les dix ans de la disparition de notre camarade Daniel Bensaïd sur lequel nous reviendrons, lui qui a tant œuvré pour l’existence d’un rendez-vous intellectuel et militant comme l’université d’été. 80 ans après son assassinat par un agent stalinien, nous reviendrons aussi sur l’actualité de la pensée de Trotsky.

Avec quelques mois d’avance, en guise d’apéritif aux publications, débats et réunions qui marqueront les 150 ans de la Commune de Paris, nous organisons un débat à plusieurs voix sur l’héritage de cette expérience révolutionnaire : que faire de l’État ? Quelle démocratie sociale ?
Enfin, la formidable mobilisation qui secoue les USA nous amène à revenir sur l’histoire de la lutte politique contre l’esclavage, en particulier en interrogeant Marx et Lincoln.

Continuons le débat

Comme chaque année, seront présents au rendez-vous différents courants de la gauche sociale et politique, du mouvement social ou révolutionnaire afin d’échanger autour des enjeux de la situation.

Ainsi, auront lieu en plénière à 17 h deux grands temps de débat. « Plan de sortie de crise », « Plan d’urgence », « monde d’après » : le premier débat réunira des représentantEs de différents courants politiques, ainsi que d’associations et syndicats partie prenante du regroupement « Plus jamais ça » autour de la construction des mobilisations et l’affirmation d’un programme pour notre camp social.

Le second débat sera lui le cadre d’un échange avec des représentantEs de Lutte ouvrière autour d’une situation sociale et politique marquée par une offensive dure contre le monde du travail et les moyens d’y répondre.

Do you speak anticapitalist ?

La situation sanitaire rend difficile la venue cette année de nombreux invitéEs internationaux, mais quelques solutions techniques devraient nous aider à permettre de faire entendre à Port-Leucate quelques expériences venues de différents coins du monde, en particulier des USA. Et avec nos camarades ou invitéEs (Franck Gaudichaud, Catherine Samary, Joseph Daher, Clément Petitjean…), nous aborderons aussi la situation dans différents coins du monde, de la révolte des peuples aux effets de la crise sanitaire : Moyen-Orient, Chili, Brésil, pays de l’Est, etc.

Bref en un mot comme en cent, n’attendez pas le dernier moment pour vous inscrire... et pour faire inscrire. Mer, soleil, anticapitalisme, internationalisme, féminisme, antiracisme, antifascisme, écosocialisme et lutte des classes... Le cocktail de la fin de l’été et d’une rentrée politique réussie.
 

Pour plus d’infos, pour s’inscrire : https ://npa2009.org/ue2020

Téléchargez la plaquette en cliquant ici

Commission université d’été

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Retour historique vers le futur  Voir ?

L’université d’été du NPA aura lieu du dimanche 23 au mercredi 26 août à Port-Leucate. Après un premier coup d’œil sur le programme et nos invitéEs la semaine dernière, attardons-nous sur les formations et débats au menu de cette année.

Pilier du programme, la commission nationale formation du NPA est toujours présente pour accompagner les anniversaires du mouvement ouvrier et révolutionnaire et autres retours historiques en rapport avec l’actualité.

Ce n’était qu’un début

Cette année, le centième anniversaire du congrès de Tours, la fracture au sein de la social-démocratie française qui a donné naissance ensuite au futur Parti communiste, donnera lieu à quatre séances abordant notamment les questions de front unique et de front populaire, ainsi que les positionnements et pratiques du PCF par rapport à la décolonisation ou au patriarcat.

Cette année d’anniversaire marquera aussi les dix ans de la disparition de notre camarade Daniel Bensaïd sur lequel nous reviendrons, lui qui a tant œuvré pour l’existence d’un rendez-vous intellectuel et militant comme l’université d’été. 80 ans après son assassinat par un agent stalinien, nous reviendrons aussi sur l’actualité de la pensée de Trotsky.

Avec quelques mois d’avance, en guise d’apéritif aux publications, débats et réunions qui marqueront les 150 ans de la Commune de Paris, nous organisons un débat à plusieurs voix sur l’héritage de cette expérience révolutionnaire : que faire de l’État ? Quelle démocratie sociale ?
Enfin, la formidable mobilisation qui secoue les USA nous amène à revenir sur l’histoire de la lutte politique contre l’esclavage, en particulier en interrogeant Marx et Lincoln.

Continuons le débat

Comme chaque année, seront présents au rendez-vous différents courants de la gauche sociale et politique, du mouvement social ou révolutionnaire afin d’échanger autour des enjeux de la situation.

Ainsi, auront lieu en plénière à 17 h deux grands temps de débat. « Plan de sortie de crise », « Plan d’urgence », « monde d’après » : le premier débat réunira des représentantEs de différents courants politiques, ainsi que d’associations et syndicats partie prenante du regroupement « Plus jamais ça » autour de la construction des mobilisations et l’affirmation d’un programme pour notre camp social.

Le second débat sera lui le cadre d’un échange avec des représentantEs de Lutte ouvrière autour d’une situation sociale et politique marquée par une offensive dure contre le monde du travail et les moyens d’y répondre.

Do you speak anticapitalist ?

La situation sanitaire rend difficile la venue cette année de nombreux invitéEs internationaux, mais quelques solutions techniques devraient nous aider à permettre de faire entendre à Port-Leucate quelques expériences venues de différents coins du monde, en particulier des USA. Et avec nos camarades ou invitéEs (Franck Gaudichaud, Catherine Samary, Joseph Daher, Clément Petitjean…), nous aborderons aussi la situation dans différents coins du monde, de la révolte des peuples aux effets de la crise sanitaire : Moyen-Orient, Chili, Brésil, pays de l’Est, etc.

Bref en un mot comme en cent, n’attendez pas le dernier moment pour vous inscrire... et pour faire inscrire. Mer, soleil, anticapitalisme, internationalisme, féminisme, antiracisme, antifascisme, écosocialisme et lutte des classes... Le cocktail de la fin de l’été et d’une rentrée politique réussie.
 

Pour plus d’infos, pour s’inscrire : https ://npa2009.org/ue2020

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Commission université d’été

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(10/07/2020 08h18)

Humanité végétale, Mario Del Curto  Voir ?

Nantes, le Lieu unique, jusqu’au 30 août.

Humanité végétale, c’est d’abord un livre paru en 2019 aux éditions Actes Sud, le regard de Mario Del Curto sur les liens multiples et variés qu’entretient l’être humain avec le végétal, la nature, saisis à travers le vagabondage et les chemins de traverse photographiques aux quatre coins du globe de l’artiste. Aujourd’hui, à Nantes, au Lieu unique, Mario Del Curto présente son travail avec plus de 200 photographies exposées, autant d’instantanés pleins d’imprévus et de surprises de nos rapports avec la nature, de beauté aussi.

« Comme si les choses me faisaient des signes pour m’inviter à les photographier »

C’est une longue histoire qui nous est racontée depuis l’apparition des premiers végétaux, il y a plus de 350 millions d’années, dont la terre a conservé les traces fossiles, histoire d’une longue évolution qui a permis récemment, peut-on dire, il y a 10 millions d’années, la sédentarisation des hommes et les débuts de l’agriculteur… Cette invention a donné naissance à mille forme d’outils, de paysages, de jardins, de constructions, de plantes, d’habitats, de médecines, d’arts… Jusqu’à la révolution industrielle puis l’emballement du capitalisme qui rompent les équilibres pour finir par mettre en danger la biodiversité et la planète même...

Dans le foisonnement de ses instantanés de la lutte quotidienne des êtres humains pour se nourrir, Mario Del Curto s’arrête sur l’un d’entre eux, modeste scientifique héros moderne de cette lutte, Vavilov qui a constitué, au 20e siècle, en Russie, la plus grande banque de graines au monde. Soutenu par Lénine, il parcourt la Russie et le monde entier pour rassembler la plus grande collection possible de plantes alimentaires, gigantesque travail de celui qui mourra de faim dans les prisons de Staline.

« Je suis comme un maraudeur, un gentil voleur romantique, écrit Mario Del Curto dans la présentation de son expo, Dans le travail, je ne pense plus et ne sens ni le froid ni la pluie. C’est un peu comme un état second, une sorte d’osmose avec ce qui se passe, comme si les choses me faisaient des signes pour m’inviter à les photographier. »

Yvan Lemaitre

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Humanité végétale, Mario Del Curto  Voir ?

Nantes, le Lieu unique, jusqu’au 30 août.

Humanité végétale, c’est d’abord un livre paru en 2019 aux éditions Actes Sud, le regard de Mario Del Curto sur les liens multiples et variés qu’entretient l’être humain avec le végétal, la nature, saisis à travers le vagabondage et les chemins de traverse photographiques aux quatre coins du globe de l’artiste. Aujourd’hui, à Nantes, au Lieu unique, Mario Del Curto présente son travail avec plus de 200 photographies exposées, autant d’instantanés pleins d’imprévus et de surprises de nos rapports avec la nature, de beauté aussi.

« Comme si les choses me faisaient des signes pour m’inviter à les photographier »

C’est une longue histoire qui nous est racontée depuis l’apparition des premiers végétaux, il y a plus de 350 millions d’années, dont la terre a conservé les traces fossiles, histoire d’une longue évolution qui a permis récemment, peut-on dire, il y a 10 millions d’années, la sédentarisation des hommes et les débuts de l’agriculteur… Cette invention a donné naissance à mille forme d’outils, de paysages, de jardins, de constructions, de plantes, d’habitats, de médecines, d’arts… Jusqu’à la révolution industrielle puis l’emballement du capitalisme qui rompent les équilibres pour finir par mettre en danger la biodiversité et la planète même...

Dans le foisonnement de ses instantanés de la lutte quotidienne des êtres humains pour se nourrir, Mario Del Curto s’arrête sur l’un d’entre eux, modeste scientifique héros moderne de cette lutte, Vavilov qui a constitué, au 20e siècle, en Russie, la plus grande banque de graines au monde. Soutenu par Lénine, il parcourt la Russie et le monde entier pour rassembler la plus grande collection possible de plantes alimentaires, gigantesque travail de celui qui mourra de faim dans les prisons de Staline.

« Je suis comme un maraudeur, un gentil voleur romantique, écrit Mario Del Curto dans la présentation de son expo, Dans le travail, je ne pense plus et ne sens ni le froid ni la pluie. C’est un peu comme un état second, une sorte d’osmose avec ce qui se passe, comme si les choses me faisaient des signes pour m’inviter à les photographier. »

Yvan Lemaitre

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(10/07/2020 08h09)

Otto Freundlich  Voir ?

Musée de Montmartre, prolongée jusqu’au 31 janvier 2021.

Le Musée de Montmartre consacre une exposition au peintre et sculpteur Otto Freundlich (1878-1943) sans doute un des artistes importants du 20e siècle.

Installé en 1908 à Paris, il rencontre Picasso, Braque, Delaunay… De retour en Allemagne en 1914, il continue à travailler,  participe aux revues dadaïstes ou expressionnistes et à la fondation du Novembergruppe ainsi nommé en référence au mouvement révolutionnaire de novembre 1918 qui mit à bas le régime impérial.

Détesté par les nazis

Il revient en France et poursuit ses recherches picturales influencées par l’art du vitrail. Dans ses œuvres, on sent vibrer les couleurs, effet obtenu par la juxtaposition des formes géométriques. Profondément humaniste, il reste un article engagé et devient membre de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR) proche du Parti communiste. En 1935, il réalise une gouache intitulée Hommage aux peuples de couleur qui deviendra plus tard une mosaïque.

Il a tout pour susciter la hargne des nazis. En 1937, une de ses œuvres figure en couverture du catalogue de l’exposition sur l’Art dégénéré organisée pour dénoncer l’art moderne. Plusieurs de ses œuvres sont détruites.

La République lui refusera la nationalité française et, dès 1939, l’internera dans des camps pour « ressortissants des puissances ennemies » (à l’instar de beaucoup d’autres réfugiéEs allemands anti-nazis). Libéré, il se cache dans le sud de la France et refait de mémoire ses œuvres détruites par les nazis. Dénoncé, Freundlich est déporté et assassiné au camp d’extermination de Sobibor, le 9 mars 1943.

En dehors de cette exposition, de nombreuses œuvres d’Otto Freundlich font partie de la collection permanente du musée Tavet-Delacour (actuellement fermé pour travaux).

Henri Wilno

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Otto Freundlich  Voir ?

Musée de Montmartre, prolongée jusqu’au 31 janvier 2021.

Le Musée de Montmartre consacre une exposition au peintre et sculpteur Otto Freundlich (1878-1943) sans doute un des artistes importants du 20e siècle.

Installé en 1908 à Paris, il rencontre Picasso, Braque, Delaunay… De retour en Allemagne en 1914, il continue à travailler,  participe aux revues dadaïstes ou expressionnistes et à la fondation du Novembergruppe ainsi nommé en référence au mouvement révolutionnaire de novembre 1918 qui mit à bas le régime impérial.

Détesté par les nazis

Il revient en France et poursuit ses recherches picturales influencées par l’art du vitrail. Dans ses œuvres, on sent vibrer les couleurs, effet obtenu par la juxtaposition des formes géométriques. Profondément humaniste, il reste un article engagé et devient membre de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR) proche du Parti communiste. En 1935, il réalise une gouache intitulée Hommage aux peuples de couleur qui deviendra plus tard une mosaïque.

Il a tout pour susciter la hargne des nazis. En 1937, une de ses œuvres figure en couverture du catalogue de l’exposition sur l’Art dégénéré organisée pour dénoncer l’art moderne. Plusieurs de ses œuvres sont détruites.

La République lui refusera la nationalité française et, dès 1939, l’internera dans des camps pour « ressortissants des puissances ennemies » (à l’instar de beaucoup d’autres réfugiéEs allemands anti-nazis). Libéré, il se cache dans le sud de la France et refait de mémoire ses œuvres détruites par les nazis. Dénoncé, Freundlich est déporté et assassiné au camp d’extermination de Sobibor, le 9 mars 1943.

En dehors de cette exposition, de nombreuses œuvres d’Otto Freundlich font partie de la collection permanente du musée Tavet-Delacour (actuellement fermé pour travaux).

Henri Wilno

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(10/07/2020 08h05)

Travailleurs sans-papiers à Alfortville : une mobilisation réussie, une claque pour la préfecture  Voir ?

À l’issue de sept mois de lutte (de juin 2019 à janvier 2020), les 27 travailleurs sans-papiers de l’agence Chronopost d’Alfortville ont obtenu leur régularisation. Concernant les 129 travailleurs hors Chronopost qui étaient dans la lutte (y compris sur le piquet — qui a tenu durant toute la mobilisation — devant l’agence), le rapport de forces a permis l’ouverture d’une discussion avec la préfecture du Val-de-Marne. 45 d’entre eux ont été régularisés.

Le préfet a toutefois profité de la période de confinement pour ne pas tenir les engagements initialement pris, et tenter de stopper au processus de suivi des dossiers restant en suspens. La meilleure des réponses au cynisme préfectoral a été apportée par le succès de la manifestation organisée le 3 juillet. 600 personnes ont manifesté, de l’agence Chronopost d’Alfortville à la préfecture à Créteil.

Une manif combative et unitaire

Une manif dynamique, combative, auto-organisée, comme l’était d’ailleurs le piquet de grève. Avec un élément nouveau, la présence de différents collectifs de la région parisienne (les CSP 75, du 20e et de Montreuil). Une présence qui n’était pas seulement un soutien, mais qui a donné un autre caractère à l’initiative, comme cela a été souligné dans plusieurs interventions devant la préfecture.
Après la réussite de la Marche des solidarités du 30 mai et de la manifestation du 20 juin, c’est une nouvelle pierre, certes plus modeste mais il s’agit d’une manif locale, dans la construction d’un mouvement pour la régularisation de tous les sans-papiers, pour l’abrogation des lois racistes et l’ouverture des frontières.

Édouard Gautier

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Travailleurs sans-papiers à Alfortville : une mobilisation réussie, une claque pour la préfecture  Voir ?

À l’issue de sept mois de lutte (de juin 2019 à janvier 2020), les 27 travailleurs sans-papiers de l’agence Chronopost d’Alfortville ont obtenu leur régularisation. Concernant les 129 travailleurs hors Chronopost qui étaient dans la lutte (y compris sur le piquet — qui a tenu durant toute la mobilisation — devant l’agence), le rapport de forces a permis l’ouverture d’une discussion avec la préfecture du Val-de-Marne. 45 d’entre eux ont été régularisés.

Le préfet a toutefois profité de la période de confinement pour ne pas tenir les engagements initialement pris, et tenter de stopper au processus de suivi des dossiers restant en suspens. La meilleure des réponses au cynisme préfectoral a été apportée par le succès de la manifestation organisée le 3 juillet. 600 personnes ont manifesté, de l’agence Chronopost d’Alfortville à la préfecture à Créteil.

Une manif combative et unitaire

Une manif dynamique, combative, auto-organisée, comme l’était d’ailleurs le piquet de grève. Avec un élément nouveau, la présence de différents collectifs de la région parisienne (les CSP 75, du 20e et de Montreuil). Une présence qui n’était pas seulement un soutien, mais qui a donné un autre caractère à l’initiative, comme cela a été souligné dans plusieurs interventions devant la préfecture.
Après la réussite de la Marche des solidarités du 30 mai et de la manifestation du 20 juin, c’est une nouvelle pierre, certes plus modeste mais il s’agit d’une manif locale, dans la construction d’un mouvement pour la régularisation de tous les sans-papiers, pour l’abrogation des lois racistes et l’ouverture des frontières.

Édouard Gautier

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(08/07/2020 15h55)

Nucléaire, le monde d’avant Épisode 4. Le « cycle du combustible », une « bulle » nucléaire  Voir ?

Comprendre leur « monde d’avant » pour construire notre « monde d’après » : état des lieux du nucléaire en France (série en sept épisodes).

Après trois ans dans les réacteurs nucléaires, les combustibles usés sont refroidis trois à cinq ans dans les piscines de désactivation des centrales EDF, puis dix ans dans les piscines d’entreposage de La Hague. Orano (ex-AREVA) « retraite » ensuite l’uranium « valorisable » pour refabriquer du combustible. Les déchets résiduels sont refroidis 50 ans en vue d’un stockage souterrain (projet Cigéo, voir épisode 2).

Piscine géante

Un « cycle du combustible » présenté comme « vertueux », « durable », écolo… En réalité, une « bulle » nucléaire qui est en train d’imploser. Car on ne peut recycler qu’une seule fois. Et les combustibles MOX (au plutonium) alimentant 22 des 58 réacteurs EDF, non recyclables, doivent rester immergés 100 ans au lieu de 10 ! Résultat : les piscines de La Hague sont saturées, bloquant toute la filière. EDF a donc lancé en urgence un projet de piscine géante pour 10 000 tonnes de combustibles usés très radio­actifs, l’équivalent d’une centaine de réacteurs. L’eau est censée les refroidir, mais aussi protéger des radiations pendant 120 ans. Un écran bien volatile ! En cas de fuite ou d’évaporation excessive, le « dénoyage » des combustibles entrainerait une catastrophe sans précédent. D’autant que le plutonium est n° 1 en toxicité (dose mortelle = 50 millionièmes de gramme). Contre ce stockage mortifère, la coordination « Piscine Nucléaire Stop » a prévu une rencontre à Saint-Amand-en-Puisaye (24-27 septembre). EDF hésite sur sa stratégie et n’a pas encore tranché sur le site : Belleville-sur-Loire (Cher) ou La Hague (Manche).

Faire payer la note aux contribuables

L’État a recapitalisé EDF et Orano et nommé EDF chef de file de la filière nucléaire. Une restructuration pour privatiser les profits (énergies rentables) et socialiser les pertes (nucléaire). En quasi faillite (voir épisode 1), EDF devra aussi payer pour Cigéo, ce stockage dangereux, absurde (1 % des 7,5 millions de m3 creusés seraient occupés par les déchets), au coût astronomique (limité à 25 milliards par la loi, sans doute plus de 100) plus les frais d’exploitation et suivi (300 ans)… Le gouvernement s’affole et exige une réévaluation avant 2022. Or, pour EDF, l’urgence c’est la piscine géante, pas Cigéo ! Et un rapport parlementaire de 2018 pointe les failles du retraitement (exception française), avec en alternative l’entreposage « longue durée à sec » : pas de retraitement, pas de Cigéo ! Ceci arrangerait EDF, qui d’ailleurs achète des terrains autour des centrales.

Quoi qu’il en soit, la mafia du conglomérat nucléaire, avec à sa tête, jusque très récemment, Édouard Philippe (ex-lobbyiste d’AREVA), entend faire payer la note aux contribuables. Opacité et magouilles garanties, comme du temps d’« Atomic Anne » Lauvergeon, ex-PDG d’AREVA. Mais les contradictions éclatent : la facture nucléaire tricolore est un facteur aggravant pour la crise financière qui siphonne déjà les fonds publics. L’atome nous lègue une dette écologique, refusons de financer en plus la bulle nucléaire : pour éviter une catastrophe nucléaire, sociale, humanitaire, lutter pour l’arrêt du nucléaire, c’est vital…

Commission nationale écologie

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Nucléaire, le monde d’avant Épisode 4. Le « cycle du combustible », une « bulle » nucléaire  Voir ?

Comprendre leur « monde d’avant » pour construire notre « monde d’après » : état des lieux du nucléaire en France (série en sept épisodes).

Après trois ans dans les réacteurs nucléaires, les combustibles usés sont refroidis trois à cinq ans dans les piscines de désactivation des centrales EDF, puis dix ans dans les piscines d’entreposage de La Hague. Orano (ex-AREVA) « retraite » ensuite l’uranium « valorisable » pour refabriquer du combustible. Les déchets résiduels sont refroidis 50 ans en vue d’un stockage souterrain (projet Cigéo, voir épisode 2).

Piscine géante

Un « cycle du combustible » présenté comme « vertueux », « durable », écolo… En réalité, une « bulle » nucléaire qui est en train d’imploser. Car on ne peut recycler qu’une seule fois. Et les combustibles MOX (au plutonium) alimentant 22 des 58 réacteurs EDF, non recyclables, doivent rester immergés 100 ans au lieu de 10 ! Résultat : les piscines de La Hague sont saturées, bloquant toute la filière. EDF a donc lancé en urgence un projet de piscine géante pour 10 000 tonnes de combustibles usés très radio­actifs, l’équivalent d’une centaine de réacteurs. L’eau est censée les refroidir, mais aussi protéger des radiations pendant 120 ans. Un écran bien volatile ! En cas de fuite ou d’évaporation excessive, le « dénoyage » des combustibles entrainerait une catastrophe sans précédent. D’autant que le plutonium est n° 1 en toxicité (dose mortelle = 50 millionièmes de gramme). Contre ce stockage mortifère, la coordination « Piscine Nucléaire Stop » a prévu une rencontre à Saint-Amand-en-Puisaye (24-27 septembre). EDF hésite sur sa stratégie et n’a pas encore tranché sur le site : Belleville-sur-Loire (Cher) ou La Hague (Manche).

Faire payer la note aux contribuables

L’État a recapitalisé EDF et Orano et nommé EDF chef de file de la filière nucléaire. Une restructuration pour privatiser les profits (énergies rentables) et socialiser les pertes (nucléaire). En quasi faillite (voir épisode 1), EDF devra aussi payer pour Cigéo, ce stockage dangereux, absurde (1 % des 7,5 millions de m3 creusés seraient occupés par les déchets), au coût astronomique (limité à 25 milliards par la loi, sans doute plus de 100) plus les frais d’exploitation et suivi (300 ans)… Le gouvernement s’affole et exige une réévaluation avant 2022. Or, pour EDF, l’urgence c’est la piscine géante, pas Cigéo ! Et un rapport parlementaire de 2018 pointe les failles du retraitement (exception française), avec en alternative l’entreposage « longue durée à sec » : pas de retraitement, pas de Cigéo ! Ceci arrangerait EDF, qui d’ailleurs achète des terrains autour des centrales.

Quoi qu’il en soit, la mafia du conglomérat nucléaire, avec à sa tête, jusque très récemment, Édouard Philippe (ex-lobbyiste d’AREVA), entend faire payer la note aux contribuables. Opacité et magouilles garanties, comme du temps d’« Atomic Anne » Lauvergeon, ex-PDG d’AREVA. Mais les contradictions éclatent : la facture nucléaire tricolore est un facteur aggravant pour la crise financière qui siphonne déjà les fonds publics. L’atome nous lègue une dette écologique, refusons de financer en plus la bulle nucléaire : pour éviter une catastrophe nucléaire, sociale, humanitaire, lutter pour l’arrêt du nucléaire, c’est vital…

Commission nationale écologie

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(08/07/2020 15h51)

L’Anticapitaliste n°530 - La Une et le sommaire  Voir ?

Daté du jeudi 9 juillet 2020. 
_______________
 

La Une
Un nouveau gouvernement pour une même politique : nous refusons toujours de payer leurs crises !

Premier plan 
- Édito : « Un violeur à l’Intérieur, un complice à la Justice ! » (Manon Boltansky)
- À la Une : Un nouveau gouvernement pour une même politique : nous refusons toujours de payer leurs crises !
- Israël/Palestine : que se passe-t-il autour de l’annexion ? (Yumna Patel, traduction Julien Salingue)
- Quatre ans après, mobilisation pour exiger la justice et la vérité pour Adama (Julien Salingue)
- Un monde à changer : Amnesty épingle le racisme de la police française.
+ No comment, Bien dit, Le chiffre 

Actu politique - municipales
- « Vague verte » : forte, ambiguë mais propice au débat (commission nationale écologie)
- Bilan contrasté pour l’extrême droite (Bertold du Ryon)
- Où va le Parti communiste français ? (Cathy Billard)

Actu internationale
- En pleine crise, le président mexicain rend visite à Trump (Dan La Botz, traduction Henri Wilno)
- Fédération de Russie : un simulacre de vote populaire (Artem Orlov)
- Covid-19 : inquiétudes en Afrique (Paul Martial)

NPArguments Licenciements, suppressions de postes, attaques contre les conditions de travail : une offensive globale

Actu sociale
- Santé : touTEs à la Bastille le 14 Juillet ! (correspondantEs)
- Pride 2020 : nos fiertés sont politiques ! (Drass Tecles)
- Roland Veuillet condamné à 6 mois ferme pour avoir manifesté (NPA 30)
- Travailleurs sans-papiers à Alfortville : une mobilisation réussie, une claque pour la préfecture (Édouard Gautier)
- Fermeture de Borg Warner en Corrèze : la mobilisation démarre (correspondant)
- Nucléaire : le monde d’avant. Épisode 4 : le « cycle du combustible », une « bulle » nucléaires (commission nationale écologie)
- Les nôtres. Maurice Rajsfus : « Je n’aime pas la police de mon pays » (Robert Pelletier)

Actu du NPA/Culture
- Université d'été : retour historique vers le futur (commission université d'été)
- Expo : Otto Freundlich (Henri Wilno)
- Expo : Humanité végétale, Mario Del Curto (Yvan Lemaitre)

Histoire
Après le 5 juillet 1830, le « sang et la boue » de la bestialité coloniale en Algérie (Chris Miclos et Samuel Terraz)

La der 
Convention citoyenne pour le climat : « CertainEs ont pris une claque en découvrant la réalité de l’urgence climatique » (entretien avec Yolande Bouin, l’une des participantEs de la Convention citoyenne pour le climat, propos recueillis par Christine Poupin) + Vu ailleurs, l'image de la semaine

 

Rédaction l’Anticapitaliste hebdo

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L’Anticapitaliste n°530 - La Une et le sommaire  Voir ?

Daté du jeudi 9 juillet 2020. 
_______________
 

La Une
Un nouveau gouvernement pour une même politique : nous refusons toujours de payer leurs crises !

Premier plan 
- Édito : « Un violeur à l’Intérieur, un complice à la Justice ! » (Manon Boltansky)
- À la Une : Un nouveau gouvernement pour une même politique : nous refusons toujours de payer leurs crises !
- Israël/Palestine : que se passe-t-il autour de l’annexion ? (Yumna Patel, traduction Julien Salingue)
- Quatre ans après, mobilisation pour exiger la justice et la vérité pour Adama (Julien Salingue)
- Un monde à changer : Amnesty épingle le racisme de la police française.
+ No comment, Bien dit, Le chiffre 

Actu politique - municipales
- « Vague verte » : forte, ambiguë mais propice au débat (commission nationale écologie)
- Bilan contrasté pour l’extrême droite (Bertold du Ryon)
- Où va le Parti communiste français ? (Cathy Billard)

Actu internationale
- En pleine crise, le président mexicain rend visite à Trump (Dan La Botz, traduction Henri Wilno)
- Fédération de Russie : un simulacre de vote populaire (Artem Orlov)
- Covid-19 : inquiétudes en Afrique (Paul Martial)

NPArguments Licenciements, suppressions de postes, attaques contre les conditions de travail : une offensive globale

Actu sociale
- Santé : touTEs à la Bastille le 14 Juillet ! (correspondantEs)
- Pride 2020 : nos fiertés sont politiques ! (Drass Tecles)
- Roland Veuillet condamné à 6 mois ferme pour avoir manifesté (NPA 30)
- Travailleurs sans-papiers à Alfortville : une mobilisation réussie, une claque pour la préfecture (Édouard Gautier)
- Fermeture de Borg Warner en Corrèze : la mobilisation démarre (correspondant)
- Nucléaire : le monde d’avant. Épisode 4 : le « cycle du combustible », une « bulle » nucléaires (commission nationale écologie)
- Les nôtres. Maurice Rajsfus : « Je n’aime pas la police de mon pays » (Robert Pelletier)

Actu du NPA/Culture
- Université d'été : retour historique vers le futur (commission université d'été)
- Expo : Otto Freundlich (Henri Wilno)
- Expo : Humanité végétale, Mario Del Curto (Yvan Lemaitre)

Histoire
Après le 5 juillet 1830, le « sang et la boue » de la bestialité coloniale en Algérie (Chris Miclos et Samuel Terraz)

La der 
Convention citoyenne pour le climat : « CertainEs ont pris une claque en découvrant la réalité de l’urgence climatique » (entretien avec Yolande Bouin, l’une des participantEs de la Convention citoyenne pour le climat, propos recueillis par Christine Poupin) + Vu ailleurs, l'image de la semaine

 

Rédaction l’Anticapitaliste hebdo

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(08/07/2020 13h47)

Dernière mise à jour : 12/07/2020 14h51

 
 
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